Le document qui décide si vos devis sont comparables.
Vous devez consulter des prestataires, et personne ne vous a donné le plan. Le voici, rubrique par rubrique, avec ce qu’on met dans chacune, les points à trancher avant d’écrire une ligne, et l’oubli qui coûte le plus cher dans une refonte.
Un cahier des charges de refonte est le document qui décrit le site existant, ce qui doit changer, ce qui doit être conservé, et la façon dont le résultat sera vérifié. Il contient au minimum : qui vous êtes, l’état du site actuel, ce que le nouveau doit produire, l’arborescence prévue, qui fournit les contenus, l’inventaire des anciennes adresses avec le plan de redirections, les fonctionnalités attendues, le budget, le calendrier et les critères de réception. Sa fonction première n’est pas de tout décider à l’avance : c’est de permettre à plusieurs prestataires de chiffrer la même chose.
Pour un dirigeant de TPE ou de PME qui va consulter deux ou trois prestataires et écrire le document lui-même. Pas pour un appel d’offres public, qui obéit à des règles de forme que ce guide ne traite pas.
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Le plan, à recopier tel quel
Chaque intitulé ci-dessous est une section du document, suivie de ce qu’on y met. L’ordre est celui dans lequel un prestataire a besoin de lire : qui vous êtes, ce qui existe, ce que vous voulez, et l’argent à la fin.
Une rubrique que vous ne savez pas remplir se laisse ouverte, avec une phrase qui le dit. C’est une information utile, et elle sera discutée. Une rubrique inventée pour faire complet coûte plus cher qu’une rubrique vide, parce qu’elle sera chiffrée.
- Qui vous êtes : activité, taille, zone couverte, ce que vous vendez et à qui. Deux paragraphes, mais ils conditionnent tout le reste.
- Le site actuel : son adresse, sur quoi il est construit si vous le savez, qui l’a fait, qui y a encore accès, ce qui vous gêne dedans.
- Pourquoi vous refaites : la raison réelle. Le téléphone ne sonne plus, le site est illisible sur un mobile, l’activité a changé, la vente en ligne s’ajoute.
- Ce que le site doit produire : devis, appels, rendez-vous, commandes, candidatures. Une action principale et une seule ; les autres se disent comme secondaires.
- À qui il parle : vos clients réels, parfois vos prescripteurs ou vos futurs salariés. Décrivez-les par ce qu’ils cherchent, pas par une tranche d’âge.
- L’arborescence prévue : la liste des pages, hiérarchisée, pages légales comprises. La rubrique la plus utile du document, et la plus longue à écrire.
- Les contenus : ce qui est repris de l’ancien site, ce que vous écrivez, ce que le prestataire écrit, ce que vous photographiez. Un nom en face de chaque lot.
- Les anciennes adresses : l’inventaire des pages en ligne aujourd’hui, et la demande d’une table de redirections testée. Détaillé plus bas, à ne pas abréger.
- Les fonctionnalités attendues : formulaire, carte, espace de modification, avis, paiement, réservation, plusieurs langues. Une ligne chacune, avec ce qu’elle doit permettre.
- Les contraintes techniques réelles : nom de domaine existant, hébergement imposé, outils à conserver, logiciel métier à raccorder, accessibilité si vous y êtes soumis.
- L’identité visuelle : logo, charte s’il y en a une, ce que vous gardez, ce que vous ne voulez plus voir. Deux ou trois sites que vous trouvez justes, et pourquoi.
- La visibilité : les recherches sur lesquelles vous voulez être trouvé, les villes ou les secteurs couverts, ce que vous savez de vos positions actuelles.
- Après la mise en ligne : qui modifie les textes, qui héberge, qui met à jour, qui répond en cas de panne, et pour combien de temps.
- Le budget : une fourchette, écrite. Sans elle, vous recevez des propositions qui ne se comparent pas.
- Le calendrier : la date visée, et la raison de cette date quand il y en a une, un salon, une saison, un changement de nom.
- La réception : les points que vous contrôlerez avant de payer le solde. Écrits à l’avance, ils valent mieux que toutes les garanties promises.
- Les modalités de réponse : ce que vous attendez, sous quelle forme, pour quelle date, et qui le prestataire peut appeler pour poser une question.
Ce qu’il faut trancher avant d’ouvrir le document
Un cahier des charges qui n’avance pas bute presque toujours sur l’un de ces cinq points. Ils ne se règlent pas en écrivant : ils se règlent en décidant, souvent avec quelqu’un d’autre dans l’entreprise. Autant le faire maintenant, pendant que cela ne coûte encore rien.
- Qui décide. Une personne, nommée, joignable, qui tranche quand deux avis s’opposent. Un comité qui valide à trois donne un site qui ne ressemble à rien, et un délai qui double.
- Qui écrit les textes. C’est ce qui retarde le plus de projets, et de loin. Si personne chez vous n’aura le temps, écrivez-le dans le document et faites-le chiffrer, plutôt que d’espérer que cela se résolve.
- Ce qui existe déjà, et où. Le nom de domaine, chez quel hébergeur, avec quels accès. Les photos en haute définition, les textes, la fiche Google. Faites le tour avant, parce qu’un projet peut s’arrêter net sur un mot de passe introuvable.
- Ce qui doit disparaître. Une page d’actualités abandonnée depuis des années, une rubrique qui ne correspond plus, un service que vous ne vendez plus. Nommez-les : sans instruction, elles seront reprises telles quelles.
- À quoi vous saurez que c’est réussi. Pas « un site moderne ». Une formulation qui se vérifie : recevoir des demandes par le site, changer un texte sans appeler personne, être lisible sur un téléphone, ne plus hésiter à donner l’adresse quand on vous la demande.
Les pièges, à commencer par vos anciennes adresses
C’est l’endroit où une refonte se rate, et cela ne se voit pas le jour de la mise en ligne. Un site refait avec de nouvelles adresses, sans redirection, perd en quelques semaines la place que l’ancien avait mise des années à prendre. Le site est plus beau, le téléphone sonne moins, et personne ne fait le lien entre les deux.
Tant que le document ne demande rien, le prestataire n’a aucune obligation : il livre un site conforme au cahier des charges, et la perte est pour vous. Ce n’est pas forcément de la mauvaise foi, c’est un travail invisible et fastidieux, que personne ne fait spontanément quand il n’est ni demandé ni payé. Écrivez-le donc noir sur blanc, sous une forme qui s’exécute et qui se vérifie.
- L’inventaire complet des adresses en ligne aujourd’hui est fourni avant le début des travaux, pages oubliées comprises.
- Chaque adresse reçoit une décision écrite : conservée à l’identique, redirigée vers une adresse précise, ou supprimée volontairement.
- Les redirections sont permanentes et se font en une seule étape. Une redirection qui en traverse deux autres avant d’arriver perd en route une partie de ce qu’elle transporte.
- Aucun renvoi en bloc vers la page d’accueil. Pour un moteur, cela revient à dire que la page n’existe plus vraiment, et le visiteur venu d’un résultat précis se retrouve à chercher.
- Les fichiers comptent autant que les pages : une fiche technique, un plan d’accès ou un tarif en PDF ont souvent des liens qui pointent dessus depuis ailleurs.
- La table est testée sur le site en ligne, adresse par adresse, avec le code de réponse obtenu et le nombre de sauts. Le relevé vous est remis avant le paiement du solde.
Les autres pièges tiennent en une phrase chacun
Aucun ne coûte cher à écrire. Chacun coûte cher quand il manque, et la facture arrive au moment où le projet est censé être terminé.
Fixez une date de remise de vos textes et de vos photographies, et dites ce qui se passe si elle est dépassée. Écrivez que le site, les contenus, les comptes et le nom de domaine sont à vous. Demandez un envoi de test du formulaire, reçu devant vous : un formulaire qui n’arrive pas est une panne muette. Demandez à voir le site sur un vrai téléphone avant la mise en ligne, pas une image de présentation. Et dites qui met le site à jour ensuite, à quel prix : un site livré sans personne pour s’en occuper redevient un site daté.
Ce qu’il ne faut pas mettre dedans
Un cahier des charges trop bavard vous coûte de l’argent. Chaque exigence inutile est chiffrée par le prestataire, ou écartée sans qu’il vous le dise, ce qui est pire : vous croyez l’avoir demandée.
- Une technologie imposée sans raison. Nommer un outil parce qu’un proche vous l’a cité vous prive de solutions plus simples. Décrivez ce que vous voulez pouvoir faire, et demandez que le choix technique soit justifié dans la réponse.
- Un délai décidé sans rapport avec le travail. Un prestataire sérieux refusera, les autres accepteront et livreront un site bâclé. Donnez votre date, dites à quoi elle tient, et dites ce qui est négociable dedans.
- Une liste de fonctionnalités recopiée ailleurs. Un blog que vous n’alimenterez pas, un espace client sans clients, un agenda de réservation pour un métier qui fonctionne au téléphone : cela se paie à la conception, puis encore chaque année.
- Des formulations qui ne permettent pas de comparer. « Site moderne », « optimisé pour le référencement », « design professionnel » ne veulent rien dire et se chiffrent au hasard. Remplacez chacune par une action vérifiable.
- Vos propres maquettes, imposées. Vos références visuelles sont précieuses, votre mise en page ne l’est pas : vous payez quelqu’un pour cette partie du travail.
- Les conditions juridiques complètes. Elles vont dans le contrat, pas dans le document qui sert à chiffrer et à comparer.
Poser les mêmes questions à tout le monde
Trois devis qui répondent à trois questions différentes ne se comparent pas. Ajoutez cette liste à la fin du document et demandez une réponse écrite à chaque ligne. Les écarts de prix deviennent lisibles, et souvent justifiés.
| À demander à chaque prestataire | Pourquoi cette question |
|---|---|
| Qui écrit les textes, pour combien de pages | Le poste le plus souvent absent des devis, et celui qui explique le plus gros écart entre deux propositions. |
| Comment les anciennes adresses sont traitées, et si la table est testée | Une réponse vague annonce une perte de référencement que vous ne constaterez que des mois plus tard. |
| Qui héberge le site, à quel prix, au nom de qui est le compte | Un hébergement au nom du prestataire vous attache à lui sans que ce soit écrit nulle part. |
| Ce que vous pourrez modifier vous-même, précisément | Le mot « modifiable » recouvre tout, depuis la page entière jusqu’à trois lignes dans un encadré. |
| Ce qui est inclus après la mise en ligne, et sur quelle durée | Les corrections d’après livraison sont incluses ou facturées, et cela change le total sans changer le devis. |
| Ce qui se passe si vous changez de prestataire ensuite | La réponse dit si le site et les comptes sont à vous, ou si vous repartirez de zéro. |
| Trois sites qu’ils ont livrés, avec leur adresse | Une adresse qu’on ouvre vaut mieux qu’un portfolio d’images. Regardez-les sur votre téléphone. |
| Le détail du prix, poste par poste | Un montant global empêche de comparer, et empêche surtout de retirer ce dont vous n’avez pas besoin. |
Questions fréquentes
Comment faire un cahier des charges pour la refonte d’un site internet ?
En partant de l’existant, pas de la page blanche. Décrivez votre site actuel et ce qui vous gêne dedans, puis ce que le nouveau doit produire, puis la liste des pages prévues. Ajoutez l’inventaire de vos anciennes adresses avec la demande d’une table de redirections testée, votre budget en fourchette, et les points que vous vérifierez avant de payer le solde.
Un cahier des charges de refonte, ça fait combien de pages ?
Pour un site vitrine ordinaire, quelques pages suffisent, et un site de dix pages ne justifie pas un document de cinquante. La longueur n’est pas un critère de qualité. Ce qui compte est que chaque rubrique permette de chiffrer quelque chose : une arborescence nommée, un partage clair des contenus et le sort des anciennes adresses valent mieux qu’un document épais qui décrit des intentions.
Existe-t-il un modèle de cahier des charges de refonte en PDF ?
Il en circule beaucoup, et ils servent surtout de rappel de rubriques, ce qui est déjà utile. Leur limite est d’être écrits pour tous les projets à la fois : ils réclament des informations qui ne vous concernent pas, et passent souvent à côté de ce qui fait la différence dans une refonte, à commencer par l’inventaire des anciennes adresses. Reprendre le plan de cette page dans un traitement de texte va plus vite.
Faut-il indiquer son budget dans le cahier des charges ?
Oui, en fourchette. Sans budget, chaque prestataire chiffre le projet qu’il imagine et vous recevez des propositions incomparables. Avec une fourchette, il vous dit ce qui entre dedans et ce qui n’y entre pas, ce qui est exactement l’information dont vous avez besoin. Chez Trait Neuf, un projet va de 1 500 à 20 000 euros hors taxes selon son ampleur.
Quelle différence entre un brief et un cahier des charges ?
Un brief tient en une page et sert à savoir si on se parle : votre activité, votre site actuel, ce qui vous gêne, votre ordre de grandeur de budget. Un cahier des charges sert à chiffrer et à comparer : arborescence, contenus, fonctionnalités, critères de réception. Pour un site vitrine, un brief bien fait suffit souvent à démarrer, et le cahier des charges s’écrit ensuite, parfois à deux.
À lire ensuite
- Prix d’une refonte de site internetLes fourchettes du marché et ce qui fait varier un devis, pour remplir la rubrique budget avec un chiffre tenable.
- Refonte de site internetCe qu’on garde d’un site existant, ce qu’on refait, et la façon dont vos anciennes adresses sont traitées.
- La méthode, étape par étapeLe déroulé d’un projet chez nous, de la lecture du site actuel aux contrôles passés avant de livrer.