Les étapes d’une refonte de site internet. Huit étapes, et un calendrier construit à rebours.
Une refonte ne se rate presque jamais au moment où l’on dessine. Elle se rate avant, quand personne n’a fait la liste de ce qui existe, et après, le jour où l’ancien site est débranché sans que ses adresses mènent nulle part. Voici les huit étapes dans l’ordre, ce que chacune doit produire, et comment en tirer un calendrier qui tient.
Une refonte de site internet se déroule en huit étapes : l’inventaire de l’existant, la décision page par page de ce qui est gardé, redirigé ou retiré, l’arborescence et les contenus, la direction visuelle sur une première page navigable, la construction, la recette, la mise en ligne avec les redirections testées, puis le suivi dans Google Search Console. Le rétroplanning se construit à rebours depuis la date de mise en ligne, et la durée dépend d’abord de la remise des textes et des photos. Pour un site vitrine de cinq à dix pages, iPaoo, éditeur et agence, annonce trois à cinq semaines de réalisation une fois le cahier des charges validé ; Google prévient qu’il lui faut ensuite quelques semaines ou plus pour remplacer les anciennes adresses par les nouvelles dans ses résultats.
Pour un dirigeant qui a décidé de refaire son site et qui doit le planifier, avec ou sans prestataire choisi. Pas pour un site en création : sans existant à reprendre, la moitié des étapes disparaît.
Signé par Enzo Taverne et Jérémy Rivault, cofondateurs de Trait Neuf.
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Les huit étapes en un coup d’œil
Chaque étape produit quelque chose qu’on peut regarder, et c’est à cela qu’on reconnaît qu’elle est finie. Une étape qui ne laisse qu’un compte rendu n’a pas eu lieu.
| Étape | Ce qui se fait | Ce qu’elle doit produire | Ce qu’on attend de vous |
|---|---|---|---|
| 1. Inventaire de l’existant | Relever les pages, les adresses, les fichiers, les textes, les photos, les accès | La liste complète de ce qui est en ligne aujourd’hui | Les accès : nom de domaine, hébergement, Search Console |
| 2. Décisions | Pour chaque page : garder, rediriger, retirer. Pour chaque image ou fichier : reprendre, remplacer, écarter | La table de correspondance entre anciennes et nouvelles adresses | Trancher sur ce qui disparaît |
| 3. Arborescence et contenus | Fixer la liste des pages et qui écrit chacune | Le plan du futur site, et une date de remise des textes | Vos textes et vos photos, à la date dite |
| 4. Direction visuelle | Construire la première page dans le code du site final | Une page sur laquelle on navigue, au téléphone | Un retour groupé, d’une seule personne |
| 5. Construction | Toutes les pages, les formulaires, les images | Le site complet, à une adresse de prévisualisation hors des moteurs | Relire les pages de votre métier |
| 6. Recette | Contrôler chaque page avant de basculer | Une liste de contrôles passés, pas une impression | Un envoi de test du formulaire, reçu chez vous |
| 7. Mise en ligne | Basculer le domaine, activer les redirections, lever les blocages de développement | Le nouveau site servi, et chaque ancienne adresse qui mène quelque part | Être joignable ce jour-là |
| 8. Suivi | Lire Search Console, corriger les adresses oubliées | Un relevé daté des pages indexées et des erreurs | Rien, sinon signaler ce qu’un client vous dit |
Étape 1 : l’inventaire, ou ce qu’on ne peut pas perdre
L’inventaire est l’étape la plus ennuyeuse et la plus rentable. Google, dans sa documentation sur les migrations, demande de commencer par les adresses importantes, et indique où les trouver : le plan du site déjà envoyé à Search Console, les pages les plus visitées dans vos statistiques, celles qui reçoivent des liens d’autres sites, la liste que donne l’outil d’administration de votre site. Il ajoute un point que presque tout le monde oublie : les images, les vidéos et les fichiers comme les PDF doivent être déplacés comme le reste, parce qu’ils reçoivent eux aussi des visites et des liens.
L’inventaire ne s’arrête pas aux adresses. Il relève aussi ce qui fera gagner du temps plus tard : les textes qui méritent d’être repris, les photos en bonne définition, le logo dans son fichier d’origine, et surtout les accès. Un projet peut s’arrêter net sur un mot de passe de nom de domaine que personne ne retrouve : mieux vaut le découvrir à l’étape 1 qu’à l’étape 7.
C’est par là que commence chacune de nos refontes : votre site actuel, vos pages, vos textes, vos photos, vos concurrents, lus avant d’écrire une ligne du nouveau.
Étape 2 : décider, page par page et fichier par fichier
L’inventaire devient une table de décisions. Chaque ancienne adresse reçoit l’un de trois sorts, écrit noir sur blanc :
- Gardée : la page existe encore, à la même adresse. C’est le cas le plus sûr, à préférer chaque fois que l’ancienne adresse était correcte.
- Redirigée : la page change d’adresse ou rejoint une autre page, et l’ancienne adresse renvoie définitivement vers la nouvelle. Google recommande des redirections permanentes côté serveur, en une seule étape, et déconseille de renvoyer en masse les anciennes pages vers l’accueil, ce qu’il peut traiter comme une page introuvable déguisée.
- Retirée : la page n’a plus de raison d’être et rien ne la remplace. Elle renvoie alors un code d’erreur 404 ou 410, ce que Google demande pour les contenus supprimés.
Les ressources passent par le même tri : reprises, remplacées ou écartées, avec la raison. Sur le site de SMDP Industries, par exemple, dix-huit photographies de chantiers réels ont remplacé des visuels générés : la décision « remplacer » s’écrit à cette étape, pas au moment où l’on découvre l’image dans la maquette.
Le détail technique des redirections, leurs codes et leurs pièges, fait l’objet de notre guide sur la refonte sans perte de référencement. Ce qui compte pour le calendrier : la table de correspondance se termine avant la construction, pas après.
Étapes 3 et 4 : le plan, les textes, et une première page qu’on touche
Le plan du futur site se fixe à partir de la table de décisions : les pages gardées, les pages fusionnées, les pages nouvelles. En face de chacune, un nom : qui écrit, qui photographie. C’est la rubrique qui fait déraper les calendriers, et notre méthode le dit sans détour : un projet avance à la vitesse du contenu, et la seule chose qui retarde vraiment un site, c’est l’attente des textes et des photos.
La direction visuelle, ensuite, ne se valide pas sur une image. Chez nous, la première page est construite dans le code du site final, et vous naviguez dedans sur votre téléphone avant qu’on aille plus loin. Une maquette dessinée ne dit ni comment le menu s’ouvre au pouce, ni ce que devient un titre long sur un petit écran ; une page réelle le dit en dix secondes. C’est aussi le moment où un retour groupé, envoyé par une seule personne qui décide, fait gagner le plus de temps.
Étapes 5 et 6 : construire à l’abri, puis vérifier avant de basculer
Le nouveau site se construit à une adresse de prévisualisation, pendant que l’ancien reste en ligne et continue de recevoir vos clients. Cette adresse est fermée aux moteurs de recherche : on ne veut pas que Google indexe un chantier, ni qu’il trouve deux fois le même contenu.
La recette, avant la bascule, est une liste de contrôles, pas une relecture. Chez nous, elle est la même pour chaque site, et bloquante : une page qui échoue n’est pas livrée. Elle vérifie notamment qu’aucune page ne déborde sur un écran de 320 pixels de large, que tout se parcourt au clavier, que l’audit d’accessibilité automatisé passe sans échec sur deux moteurs de rendu, et que les cibles tactiles font au moins 44 pixels. La liste complète est sur notre page de méthode.
Ajoutez-y vos propres contrôles, ceux que vous seul pouvez faire : votre numéro, vos horaires, vos tarifs, et un envoi du formulaire reçu dans votre boîte, devant vous.
Étapes 7 et 8 : la bascule, puis les semaines qui suivent
Pour le calendrier, retenez trois choses ; le détail technique, redirection par redirection, est dans notre guide sur la refonte sans perte de référencement.
La date. Google conseille de migrer pendant une période de faible trafic, si votre activité en connaît : moins de visiteurs touchés si quelque chose cloche. Choisissez-la d’abord, le reste du calendrier en découle.
Le jour même. Peu d’actions, dans un ordre qui compte : lever les blocages qui fermaient la prévisualisation aux moteurs, faire pointer le domaine vers le nouveau site, activer les redirections, les tester sur le site servi, envoyer le nouveau plan du site dans Search Console. Parmi les erreurs fréquentes d’une migration, Google cite en premier les blocages de développement oubliés. Prévoyez d’être joignable ce jour-là : c’est vous qui saurez si votre numéro ou vos horaires sont justes.
La suite. Une refonte n’est pas finie le jour de la mise en ligne. Google indique que, pour un site de petite à moyenne taille, il faut en général quelques semaines pour que la majorité des pages migrées soient traitées, et que la visibilité peut fluctuer pendant ce temps. Inscrivez dans le calendrier un premier relevé de Search Console quelques semaines après la bascule, puis un second : c’est là qu’une adresse oubliée dans la table se repère, et se rattrape par une redirection.
Le rétroplanning, construit à rebours
Un rétroplanning part de la date de mise en ligne et remonte. Sans durée type, il reste très utile : il fixe l’ordre des jalons et ce qui doit être prêt à chacun, ce qui suffit à voir où le calendrier va casser.
| Jalon, en remontant | Ce qui doit être prêt | Ce qui le bloque le plus souvent |
|---|---|---|
| Mise en ligne | Redirections écrites, recette passée, domaine et accès en main | Un accès au nom de domaine introuvable |
| Fin de la recette | Toutes les pages construites et relues par vous | Une page relue au dernier moment, qui en fait changer trois |
| Fin de la construction | Textes et photos définitifs de toutes les pages | Les contenus remis en retard |
| Première page validée | La direction visuelle, vue au téléphone | Des retours contradictoires venus de plusieurs personnes |
| Plan et contenus attribués | La table de correspondance terminée | Une page dont personne ne veut décider le sort |
| Lancement | L’inventaire et les accès | Un ancien prestataire qui tarde à répondre |
Deux règles rendent ce tableau fiable. La date de remise des contenus s’écrit dans le calendrier comme un jalon à part entière, avec ce qui se passe si elle glisse. Et la date de mise en ligne se négocie en connaissant ce qui la sépare d’aujourd’hui, pas l’inverse : un délai décidé sans rapport avec le travail donne un site bâclé, ou un délai qui ne sera pas tenu.
Combien de temps dure une refonte de site internet
Voici des durées chiffrées publiées par des sources qui précisent leur périmètre, avec ce qu’elles comptent et ce qu’elles ne comptent pas.
| Source | Ce qui est mesuré | Durée annoncée |
|---|---|---|
| iPaoo, éditeur d’un outil de création de sites et agence, juillet 2026 | Refonte d’un site vitrine de 5 à 10 pages, une fois le cahier des charges validé | 3 à 5 semaines de réalisation |
| iPaoo, même article | Refonte structurelle plus ambitieuse | Deux à trois mois |
| France Num, Direction générale des Entreprises, fiche mise à jour en octobre 2025 | Développement d’un site e-commerce, après cahier des charges et choix du prestataire | Généralement 3 à 6 mois |
| Google Search Central, septembre 2026 | Prise en compte par Google des adresses migrées, site de petite à moyenne taille | Quelques semaines pour la majorité des pages |
iPaoo est un acteur du même marché que nous, pas une publication neutre : lisez ses chiffres comme un ordre de grandeur. Notez surtout ce que ces durées excluent. Les deux premières commencent une fois le cahier des charges validé, la troisième une fois le prestataire choisi : l’inventaire, les décisions et la consultation ne sont pas dedans. Aucune ne compte le temps de rédaction de vos textes, qui dépend de vous.
Chez Trait Neuf, nous n’affichons pas de durée type. Elle dépend du nombre de pages, de l’état des contenus et du temps que prennent vos retours ; nous l’estimons avec vous après le premier échange, sur votre projet précis, et nous la tenons ou nous vous disons pourquoi elle bouge.
Les étapes qu’on saute, et ce qu’elles coûtent
Chacune de ces économies fait gagner quelques jours au début et en coûte davantage à la fin.
- Sauter l’inventaire. Les pages oubliées ne sont ni reprises ni redirigées ; on les découvre des semaines plus tard, dans les erreurs de Search Console ou par un client qui ne trouve plus une page qu’il avait gardée en favori.
- Valider sur une image. Les vraies questions arrivent quand le site existe enfin, au moment où chaque changement coûte le plus cher.
- Changer de nom de domaine en même temps. Google recommande de ne modifier qu’une seule chose à la fois, et prend l’exemple d’un site qui change de domaine, d’outil et de mise en page : le domaine d’abord, la mise en page ensuite. Une refonte change déjà l’outil et le design : n’y ajoutez pas le domaine, et gardez le plus grand nombre possible d’adresses.
- Rediriger tout vers l’accueil. C’est rapide, et Google peut traiter ces redirections comme des pages introuvables déguisées. Le visiteur, lui, arrive sur l’accueil sans ce qu’il cherchait.
- Oublier les fichiers. Une fiche technique, un plan d’accès, un tarif en PDF ont souvent des liens qui pointent vers eux depuis d’autres sites.
- Ne pas tester après la bascule. Une table de redirections relue n’est pas une table testée. Seul le site servi dit ce qu’une adresse renvoie vraiment.
Si vous voulez qu’on regarde votre site et qu’on établisse ce calendrier avec vous, envoyez-nous son adresse et la date que vous visez.
Questions fréquentes
Quelle est la durée d’une refonte de site internet ?
Pour un site vitrine de cinq à dix pages, iPaoo, éditeur et agence, annonce trois à cinq semaines de réalisation une fois le cahier des charges validé, et deux à trois mois pour une refonte structurelle. France Num compte généralement trois à six mois pour développer un site e-commerce. Ces durées excluent la préparation et la rédaction de vos textes, qui pèsent souvent le plus.
Comment faire un rétroplanning de refonte de site internet ?
Partez de la date de mise en ligne et remontez : recette, fin de la construction, remise des textes et des photos, validation de la première page, table de correspondance des adresses, inventaire et accès. Pour chaque jalon, écrivez ce qui doit être prêt et qui le fournit. La date de remise des contenus est un jalon à part entière, avec ce qui se passe si elle glisse.
Le site reste-t-il en ligne pendant la refonte ?
Oui, en règle générale : le nouveau site se construit à une adresse de prévisualisation, fermée aux moteurs de recherche, pendant que l’ancien continue de fonctionner. La bascule se fait le jour de la mise en ligne, en même temps que les redirections. Il faut alors penser à lever les blocages de la prévisualisation, l’erreur que Google cite en premier après une migration.
Par où commencer une refonte de site internet ?
Par l’inventaire de l’existant : toutes les adresses en ligne, pages, images et fichiers PDF compris, les textes et les photos à reprendre, et les accès au nom de domaine, à l’hébergement et à Search Console. Google demande de commencer par les adresses importantes, celles qui reçoivent des visites et des liens. Sans cette liste, rien ne garantit qu’une page qui vous amenait des clients sera reprise.
Qui fait quoi pendant une refonte de site internet ?
Le prestataire inventorie, conçoit, construit, vérifie et met en ligne. Vous fournissez les accès, les textes et les photos à la date convenue, et une seule personne qui décide et renvoie des retours groupés. C’est votre part qui fixe le plus souvent le rythme : un projet avance à la vitesse de ses contenus.
Quand lancer une refonte de site internet ?
Choisissez une mise en ligne pendant une période creuse de votre activité, comme le conseille Google pour toute migration : moins de clients touchés si quelque chose cloche. Puis remontez le calendrier depuis cette date, en laissant le temps de réunir vos textes et vos photos, qui retardent plus de projets que la construction elle-même.
Sources
- Google Search Central, « Migrer un site », 11 septembre 2026 (dernière mise à jour), consulté le 6 octobre 2026.
- Google Search Central, « Déboguer les baisses du trafic de la recherche Google », 18 décembre 2025 (dernière mise à jour), consulté le 6 octobre 2026.
- Google Search Central, « Demander à Google d’explorer de nouveau vos URL », 31 décembre 2025 (dernière mise à jour), consulté le 6 octobre 2026.
- Aide Search Console, « Rapport sur l’indexation des pages », consulté le 6 octobre 2026.
- iPaoo, blog (éditeur d’un outil de création de sites et agence, acteur du même marché), « Prix d’une refonte de site internet : tarifs et délais 2026 », 16 juillet 2026, consulté le 6 octobre 2026.
- France Num (Direction générale des Entreprises), « Créer ou acheter un site e-commerce : avantages et inconvénients », 6 novembre 2024, mise à jour le 6 octobre 2025, consulté le 6 octobre 2026.
À lire ensuite
- Refonte de site internetCe qu’on garde, ce qu’on refait, et le sort de vos anciennes adresses.
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