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Trait Neuf

Le bouche à oreille marche. Un site, pour quoi faire ?

Votre carnet est rempli jusqu’au printemps, les chantiers arrivent par le voisin du client précédent, et on vous répète qu’il vous faut un site. Ce guide dit dans quels cas c’est faux, et dans quels cas c’est le moment.

Un artisan dont le carnet se remplit par bouche à oreille n’a pas besoin d’un site pour tenir : il en a besoin le jour où il veut choisir ses chantiers au lieu de prendre ce qui vient. Un site sert à quatre choses concrètes, être trouvé sur une recherche qui associe un métier et une commune, montrer des chantiers déjà faits au lieu de les décrire, écarter les demandes qui ne vous conviennent pas avant qu’elles ne coûtent un déplacement, et écrire une fois ce que vous répétez trente fois au téléphone. Chez Trait Neuf, le budget d’un projet va de 1 500 à 20 000 euros hors taxes selon son ampleur.

Pour un artisan qui hésite à faire un site alors que le téléphone sonne déjà. Pas pour celui qui cherche à remplir son planning de la semaine prochaine : un site ne fait pas cela.

Publié le .

Ce qu’un site ne change pas, et ce qu’il change

Commençons par ce qu’il ne change pas, puisque c’est la partie qu’on vous dira le moins. Un site ne remplit pas un planning la semaine suivante. Il ne fait pas accepter un prix que vous n’osez pas demander. Il ne rattrape pas un chantier mal fini, et il ne remplace pas la recommandation d’un client content, qui restera votre meilleure source de travail tant que vous ferez ce métier.

Si vous êtes complet six mois d’avance, que vous travaillez pour deux donneurs d’ordre qui vous connaissent depuis quinze ans, et que vous arrêtez dans trois ans, un site ne changera pas grand-chose à votre année. Cela s’entend rarement de la part de quelqu’un qui en vend, et c’est pourtant le cas le plus fréquent où la dépense n’a pas de sens.

Ce qu’il change, maintenant. Quatre choses, qu’aucune recommandation ne fera à votre place.

Il vous rend trouvable sur une recherche qui associe votre métier et une commune. C’est ce que tape quelqu’un qui n’a personne à qui demander : il vient d’emménager, il cherche un devis pour la maison de ses parents à cent kilomètres, ou il compare avant d’appeler. Le bouche à oreille ne l’atteint pas, par construction.

Il montre au lieu de décrire. Au téléphone, vous dites que vous faites du ravalement. Sur une page, on voit un mur avant, le même mur après, et la différence se juge en deux secondes sans savoir ce qu’est un enduit.

Il filtre. Un site qui dit ce que vous ne faites pas, où vous ne vous déplacez pas et à partir de quelle taille de chantier vous travaillez évite des appels et des visites qui ne deviendront jamais un devis signé. Un artisan qui se déplace pour rien perd une demi-journée que personne ne lui rembourse.

Il écrit une fois ce que vous répétez trente fois. Les délais, l’assurance, le déroulé d’un devis, ce qui se passe quand il pleut. Ce sont les mêmes questions chez tout le monde, et elles se répondent mieux par écrit qu’avec le téléphone coincé sous l’oreille en haut d’un échafaudage.

Un site ne travaille pas seul, et personne ne devrait vous vendre le contraire. Votre fiche d’établissement, celle qui s’affiche avec la carte quand on cherche votre nom, fait une partie du chemin et renvoie vers le site. Les deux se complètent : la fiche se remplit en une heure, le site porte tout ce qui ne tient pas dans une fiche.

Reste à savoir si vous êtes dans une situation où cela compte. Elles sont précises, et il n’y en a pas trente.

Une page par ville, à une seule condition

Quand vous intervenez sur un rayon, vos clients ne cherchent pas votre métier tout court. Ils tapent le métier et le nom de leur commune, et c’est vrai jusque dans les villages. Un site qui aligne quarante noms de communes en bas de la page d’accueil ne répond à aucune de ces recherches, parce qu’il ne dit rien sur aucune d’elles.

Une page par ville répond à la recherche telle qu’elle est tapée. Le Camion de Manu, qui vide des maisons en Ariège, en compte soixante-dix-neuf, une par commune couverte. Sévria, façadier à Niort, a la sienne pour chaque ville où il se déplace. SMDP Industries annonce un rayon de 300 km autour de Niort, et les quarante-huit villes qu’il nomme ont été réellement calculées avant d’être écrites, pas repérées à l’oeil sur une carte.

La condition qui rend tout cela honnête tient en une phrase : chaque page doit être écrite pour sa ville et dire quelque chose de vrai sur elle. Sinon, ce sont quarante copies du même texte avec un nom qui change, et cela porte un nom, le contenu dupliqué. Les moteurs le repèrent depuis longtemps : ils en gardent une et ignorent les autres. Le visiteur le repère encore plus vite, il lit deux lignes qui ne parlent pas de chez lui et il referme.

Dire quelque chose de vrai, ce n’est pas recopier l’histoire de la commune depuis une encyclopédie. C’est ce que vous, vous savez d’elle.

Photographiez vos chantiers, personne ne le fera pour vous

Sur le site d’un artisan, ce sont les photos qui vendent, et ce sont les vôtres. Une image achetée montre un ouvrier souriant que personne n’a jamais vu sur un chantier, dans une maison qui n’est pas d’ici. Le visiteur l’a déjà croisée ailleurs, parfois chez votre concurrent, et elle lui dit une seule chose : vous n’aviez rien à montrer.

SMDP Industries a remplacé des visuels générés par dix-huit photographies de chantiers réels, et montre plusieurs de ces chantiers en comparatif avant et après, dont le visiteur fait glisser lui-même la limite. C’est la démonstration la plus courte qu’on connaisse : elle tient dans un geste du pouce et ne demande aucun vocabulaire de métier. Une photo nette d’un vrai chantier, prise au téléphone, bat une image parfaite qui n’est pas la vôtre. Le flou et la pénombre, en revanche, ne pardonnent pas : une photo qu’on ne lit pas ne dit rien.

Un téléphone récent suffit largement. Ce qui manque n’est presque jamais le matériel, c’est le réflexe de sortir l’appareil avant de commencer. Voici quoi photographier, et comment.

Écrire une fois ce que vous répétez trente fois

Comptez, sur une semaine, les questions auxquelles vous répondez plusieurs fois. Intervenez-vous jusque chez moi ? Faites-vous les petits chantiers ? Dans combien de temps pouvez-vous passer ? Le devis est-il payant ? Vous avez la décennale ? Ce sont les mêmes partout, et elles occupent vos soirées.

Chacune a sa place sur le site, écrite une fois, dans vos mots. L’effet est double : celui qui trouve la réponse n’appelle pas pour rien, et celui qui appelle quand même appelle en connaissance de cause.

Le plus difficile à écrire est aussi le plus rentable : ce que vous ne faites pas. Les urgences de nuit, les chantiers en dessous d’une certaine taille, le dépannage, la zone au-delà de laquelle le déplacement ne se justifie plus. Le Camion de Manu s’en approche en invitant ceux qui sont hors zone à appeler pour savoir s’il peut venir : la question se pose au téléphone, une fois, au lieu de rester en suspens. On craint toujours de perdre un client en écrivant cela ; en pratique on perd surtout les appels qu’on aurait refusés, et on les perd avant d’avoir décroché.

Le formulaire fait le même travail quand il pose les bonnes questions dans le bon ordre. Celui de SMDP Industries se déroule en quatre étapes, celui de Sévria procède aussi par étapes, et dans les deux cas l’entreprise reçoit une demande déjà qualifiée plutôt que trois lignes sans adresse. Un formulaire plus long ne fait pas fuir quand chaque question sert visiblement à chiffrer.

Gardez le téléphone en tête partout. Quelqu’un qui a un dégât appelle, il ne remplit rien. Le numéro doit être lisible avant d’avoir fait défiler, sur toutes les pages, et cliquable au pouce.

Le budget, et ce qui le fait bouger

Chez Trait Neuf, un projet va de 1 500 à 20 000 euros hors taxes selon son ampleur. La fourchette est large parce que les projets le sont : SMDP Industries compte vingt pages publiques, Le Camion de Manu en a soixante-dix-neuf rien qu’en pages de ville. Deux métiers de terrain, deux ampleurs sans rapport.

Ce qui tire vers le bas : peu de pages, une zone d’intervention resserrée, des photos déjà disponibles, un formulaire simple, et vos textes préparés de votre côté.

Ce qui tire vers le haut : une page par ville quand la zone est vaste, l’écriture entièrement à notre charge, une carte de zone, des comparatifs avant et après, une prise de rendez-vous, un espace pour modifier vos contenus vous-même, et la reprise d’un site existant dont les anciennes adresses doivent être redirigées une par une.

Ce qui coûte cher n’est pas ce qu’on croit. Le dessin d’une page prend moins de temps que l’écriture de ce qu’elle contient. Soixante-dix-neuf pages de ville, ce ne sont pas soixante-dix-neuf mises en page, ce sont soixante-dix-neuf textes.

Une partie du coût ne se paie pas en argent mais en temps, et c’est le vôtre : les photos, les réponses, la relecture, et une personne qui décide et qu’on peut joindre. C’est ce qui fixe le délai, presque toujours plus que la construction.

Restent les frais qui ne passent pas par nous. Le nom de domaine se renouvelle chaque année, l’hébergement se paie tant que le site vit. Demandez toujours à qui appartient le nom de domaine : il doit être à votre nom, pas à celui de l’agence, et cela se vérifie avant de signer, pas le jour où vous partez.

Enfin, les offres les moins chères du marché sont des modèles remplis. C’est une offre honnête tant qu’elle est annoncée comme telle, et c’est un mauvais achat quand elle est vendue pour du sur mesure.

Ce qui doit figurer sur le site d’un artisan

Cette liste ne dépend pas du métier. Elle vient des sites que nous avons livrés à des artisans, et chaque ligne y est parce que son absence se paie.

Ce qui doit figurerPourquoiCe qui arrive quand il manque
Le numéro de téléphone, lisible avant de faire défilerUn particulier qui a un problème appelle, il ne remplit pas un formulaireIl repart chez celui dont le numéro était visible
Une page par ville couverte, écrite pour elleC’est la recherche réellement tapée : le métier plus le nom de la communeVous n’existez que pour votre propre ville
Vos photos de chantiers, avant et aprèsElles prouvent le travail sans que le visiteur connaisse le métierDes images achetées, déjà vues ailleurs, qui ne prouvent rien
Ce que vous ne faites pasÉcarte les appels qui vous prennent une demi-heure pour rienVous expliquez dix fois par mois que ce n’est pas votre métier
Votre zone d’intervention, dite clairementChacun sait tout de suite si vous venez chez luiDes demandes hors zone, et des refus à formuler un par un
Assurances et qualifications, avec leur validitéC’est ce qu’un particulier prudent vérifie avant de signerIl vous le demande par téléphone, ou il ne vous rappelle pas
Un ordre de grandeur de prix, même largeFiltre les projets sans budget avant le déplacementDes devis gratuits qui ne se transforment jamais
Les délais réels, y compris longsUn délai annoncé franchement fait moins fuir qu’un silenceDes clients perdus au troisième rappel sans réponse
Un formulaire qui accepte les photos depuis un téléphoneUne photo de la façade permet de chiffrer sans se déplacerUn déplacement gratuit pour comprendre la demande
Qui vous êtes, avec votre visageOn fait entrer un artisan chez soi, pas une liste de prestationsUn site interchangeable avec les trois autres du secteur
Les mentions légales et le numéro d’immatriculationC’est obligatoire, et c’est aussi ce que regarde un client méfiantUn doute sur l’existence réelle de l’entreprise
Source : Trait Neuf, d’après les sites livrés à des artisans

Questions fréquentes

Un artisan a-t-il vraiment besoin d’un site internet ?

Non, pas tous. Un artisan complet six mois d’avance, qui travaille pour deux donneurs d’ordre fidèles et qui ne cherche pas à changer d’échelle, s’en passe sans conséquence. Un site devient utile le jour où vous voulez choisir vos chantiers, faire savoir une spécialité, être trouvé depuis les communes voisines, ou cesser de répéter les mêmes réponses au téléphone. La question n’est pas d’avoir un site, c’est de savoir ce qu’il doit faire à votre place.

Combien coûte un site internet pour un artisan ?

Chez Trait Neuf, un projet va de 1 500 à 20 000 euros hors taxes selon son ampleur : le nombre de pages, l’étendue de la zone d’intervention, la quantité de textes à écrire, la reprise ou non d’un site existant, et les fonctions demandées. Le montant exact est donné au premier échange, sur votre projet réel et non sur une grille. Les offres les moins chères du marché sont des modèles remplis, ce qui reste honnête tant que c’est annoncé comme tel.

Comment créer un site internet pour un artisan du bâtiment ?

On part du métier et de la zone, pas d’un modèle. Il faut réunir cinq choses : les prestations que vous voulez réellement vendre, les communes où vous vous déplacez pour de bon, vos photos de chantiers, les questions qu’on vous pose déjà au téléphone, et vos assurances et qualifications. Avec cela, la structure s’écrit presque d’elle-même : une page par prestation, une page par ville, une page de réalisations, et un moyen de vous joindre visible partout.

Faut-il une page par ville quand on intervient sur plusieurs communes ?

Oui, si chaque page est écrite pour sa ville et dit quelque chose de vrai sur elle : le bâti qu’on y trouve, le temps de route, les chantiers déjà faits là-bas. Non, si ce sont des copies du même texte avec le nom de la commune changé. C’est alors du contenu dupliqué : les moteurs n’en gardent qu’une et ignorent les autres, et le visiteur referme avant la fin du premier paragraphe. Le nombre de pages suit votre zone réelle, il ne la précède jamais.

Les photos prises au téléphone suffisent-elles ?

Oui, et elles valent mieux que des images achetées, que le visiteur a déjà vues ailleurs. Photographiez de jour, le soleil derrière vous, le téléphone à l’horizontale, en vous approchant plutôt qu’en zoomant. Prenez toujours l’avant avant de commencer, puis l’après au même endroit et dans le même cadrage : c’est cette paire qui convainc, pas la belle image isolée.

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